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Cancer Un atlas de la mortalité par cancer en France vient d’être rendu public. C’est l’Institut national du cancer et le centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès (CépiDc) de l’Inserm qui en avaient la charge. La cartographie dressée est inquiétante, elle révèle des disparités régionales importantes montrant que nous ne sommes pas tous égaux face à la maladie selon l’endroit où l’on vit.

Un précieux Atlas de la mortalité par cancer en France métropolitaine pour bien choisir sa région...

 L’initiative inédite recense 25 ans de données sur la maladie. Une étude exhaustive à partir de laquelle deux constatations s’imposent : les Français ne sont pas égaux devant la maladie. Cet atlas révèle en effet de fortes disparités suivant les régions. Aquitaine, Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées étant beaucoup mieux loties que le Nord-Ouest et le Nord-Est qui enregistrent de très importants taux de mortalité. Une disparité, explique l’Atlas, qui traduit l’importance des comportements régionaux passé dans les manières de boire, de manger, les rapports au corps et à la médecine ».

Autre constatation, de taille : depuis 2004, le cancer est la première cause de décès en France. Le nombre de victimes de la maladie passant à 150 000 personnes (environ 35% de morts en plus qu’en 1970). Une augmentation qui concerne davantage les hommes que les femmes. Paradoxalement, si ce chiffre est en augmentation, le risque de mourir du cancer est en baisse. Un chiffre qu’il faut évidemment mettre en rapport avec les campagnes de prévention menées dans le pays, mais également par, explique l’étude, l’augmentation des cas de cancers au pronostic plus favorable (prostate, sein) et la baisse des autres (voies aérodigestives supérieures, œsophage, estomac...), par des diagnostics plus précoces et par une amélioration des traitements.

Il faut aussi souligner que si le nombre global de décès par cancer progresse toujours dans notre pays, cette évolution s’explique aussi par l’augmentation et le vieillissement de la population. D’ailleurs, notons que le risque individuel de mourir de cette maladie diminue.

Par un effet de vase communiquant, les cancers de la peau, du foie, de la plèvre ou broncho-pulmonaires (ces derniers affectant plus les femmes) sont hélas en augmentation.

Depuis le début des années 90, les hommes ont davantage été touchés mortellement par cette maladie que les femmes. Pour cette période on dénombre 60 à 90 000 décès masculins contre 50 à 60 000 décès féminins.

Les spécialistes de la maladie ont-ils décelé un écart moindre entre les régions concernant un grand nombre de cancer. Cela dit, explique l’étude, le fait régional reste une caractéristique majeure, faisant s’opposer de vastes ensembles régionaux homogènes, tant dans les taux de mortalité forts que dans les taux faibles.

La "régionalisation" de la maladie semble donc être un enseignement à tirer de cette enquête. Le nord-ouest de la France est caractérisé par des taux de mortalité élevés, notamment pour les tumeurs de l’appareil digestif alors que le nord-est est touché par des taux élevés de cancers de l’appareil respiratoire et de la vessie. Il est difficile de trouver les causes exactes : climat ? ville ? proximité d’industries ? différence d’accès au soins ? paupérisation ? l’enquête de l’Institut national du cancer et le centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès (CépiDc) de l’Inserm, est un premier pas vers une compréhension accrue d’un fléau qui touche les hommes et les femmes de France.

Cet atlas n’est pas un aboutissement. Il laisse au contraire le champ libre et ouvert pour de futures études notamment sur les conditions sociales, économiques, culturelles à réunir pour l’amélioration des niveaux de mortalité.